L’essentiel en bref
- L’AVS reste obligatoire – en tant qu’indépendant·e, tu paies seul·e les cotisations. Les années de cotisation manquantes réduisent la rente plus tard.
- Une caisse de pension est facultative pour les indépendants (art. 4 LPP).
- Sans caisse de pension, tu peux verser dans le grand pilier 3a : jusqu’à 20 % de ton revenu net d’activité lucrative, au maximum CHF 36’288 en 2026 (valeurs de l’OFAS).
- Depuis 2025, tu peux racheter des lacunes 3a après coup – pour la première fois en 2026 pour les lacunes de 2025.
- Pense à l’invalidité, au décès et à la maladie : jusqu’ici, c’est l’employeur qui organisait cette protection pour toi.
1er pilier : l’AVS sans lacunes
En tant qu’indépendant·e, tu paies des cotisations AVS/AI/APG sur ton revenu d’activité indépendante, au maximum 10 %, selon un barème dégressif pour les revenus plus faibles (mémento AVS/AI 2.02). Tu n’as plus d’assurance-chômage en tant qu’indépendant·e.
Pour la rente future, chaque année de cotisation compte : des années manquantes entraînent en règle générale une réduction. Vérifie donc de temps en temps ton extrait du compte individuel (CI) – il est gratuit (mémento 1.01). Les cotisations non payées ne peuvent être rattrapées que pendant cinq ans, ensuite elles sont prescrites (art. 16 LAVS).
2e pilier : caisse de pension facultative
La prévoyance professionnelle n’est obligatoire que pour les salariés. Les indépendants peuvent s’assurer facultativement (art. 4 LPP), soit auprès de la caisse de pension de leur association professionnelle, soit auprès de l’institution de prévoyance de leurs propres employés ou – si aucune des deux n’est possible – auprès de la Fondation institution supplétive LPP (art. 44 LPP, plan de prévoyance pour indépendants).
Avantages : protection des risques en cas d’invalidité et de décès, et tu peux déduire fiscalement les cotisations comme les rachats. Inconvénient : tu es lié·e par les cotisations, et avec une caisse de pension, seul le « petit » montant maximal du pilier 3a s’applique encore à toi.
3e pilier : le grand pilier 3a
Sans caisse de pension, tu peux verser chaque année jusqu’à 20 % de ton revenu net d’activité lucrative dans le pilier 3a, au maximum CHF 36’288 (2026). Avec une caisse de pension, la limite est de CHF 7’258 (art. 7 OPP 3). Tu déduis intégralement les versements du revenu imposable.
Rattraper les lacunes : depuis le 1er janvier 2025, tu peux racheter après coup les cotisations 3a manquantes (art. 7a OPP 3, communiqué du Conseil fédéral). Tu peux rattraper les lacunes des dix dernières années, mais seulement celles à partir de 2025 – au plus tôt en 2026, donc, la lacune de 2025. Il faut notamment que tu aies eu un revenu d’activité lucrative soumis à l’AVS dans l’année de la lacune et dans l’année du rachat, et que tu verses le montant maximal complet dans l’année du rachat. Par an, tu peux racheter au maximum le petit montant maximal (CHF 7’258) en plus de la cotisation ordinaire, et chaque lacune annuelle une seule fois. Ta fondation 3a t’indique les conditions exactes.
À côté du pilier 3a, il y a la prévoyance libre (pilier 3b), par exemple un compte d’épargne, des titres ou des assurances-vie – sans déduction fiscale pour les versements, mais librement disponible.
Exemple : graphiste sans caisse de pension
Lea a, en entreprise individuelle, un revenu net d’activité lucrative de CHF 80’000 en 2026. Elle n’est affiliée à aucune caisse de pension. Dans le pilier 3a, elle peut verser 20 % de ce montant, soit CHF 16’000 – nettement plus que les CHF 7’258 qu’elle pouvait verser comme salariée. Comme elle n’a versé que CHF 4’000 en 2025, elle vérifie avec sa fondation 3a si elle peut combler la lacune de 2025 par un rachat. Pour le cas d’une invalidité, elle conclut une assurance d’incapacité de gain.
Risques : invalidité, décès et maladie
Quand on est salarié, on bénéficie d’une protection des risques via la caisse de pension, l’assurance-accidents et souvent une assurance d’indemnités journalières en cas de maladie de l’employeur. Comme indépendant·e sans caisse de pension, cette protection manque en grande partie – l’AI du 1er pilier ne couvre souvent à elle seule qu’une partie de ton revenu.
- Indemnités journalières en cas de maladie : versent une partie de ton revenu en cas de maladie prolongée.
- Accident : les indépendants peuvent s’assurer facultativement selon la LAA (art. 4 LAA) ou couvrir les accidents par la caisse-maladie.
- Assurance d’incapacité de gain et de décès : te protègent, toi et ta famille, si tu ne peux plus travailler ou si tu décèdes.
Que devient ton avoir de caisse de pension ?
Si tu quittes un emploi, ton avoir est transféré comme prestation de libre passage sur un compte de libre passage ou dans une nouvelle caisse de pension. Si tu prends une activité indépendante à titre principal et n’es plus assuré·e obligatoirement, tu peux te faire verser l’avoir en espèces (art. 5 LFLP) ; si tu es marié·e, le consentement écrit de ton conjoint ou de ta conjointe est nécessaire. Réfléchis-y bien : si tu investis l’argent dans l’entreprise, il te manquera à la retraite. Pour un logement en propriété, tu peux en outre retirer par anticipation de l’argent de la prévoyance – ce qui réduit lui aussi la rente future.
Comment faire dans Easly
- Base pour le pilier 3a : le compte de résultat te montre en continu les produits, les charges et le bénéfice de ton entreprise individuelle – avec accès direct à chaque justificatif. Tu peux ainsi estimer en cours d’année combien tu peux verser dans le grand pilier 3a.
- Documents pour la fiduciaire et les impôts : compte de résultat, archive des justificatifs et export complet en ZIP.
Ce qu’Easly ne prend pas en charge pour toi
Easly ne calcule ni ton revenu soumis à l’AVS ni ton montant maximal 3a et ne remplace pas un conseil en prévoyance. Easly ne remplit pas la déclaration d’impôt.
Questions fréquentes
Combien puis-je verser dans le pilier 3a en tant qu’indépendant·e ?
Sans caisse de pension, jusqu’à 20 % de ton revenu net d’activité lucrative, au maximum CHF 36’288 en 2026. Si tu es affilié·e à une caisse de pension, le petit montant maximal de CHF 7’258 s’applique.
Dois-je m’assurer auprès d’une caisse de pension en tant qu’indépendant·e ?
Non, la prévoyance professionnelle est facultative pour les indépendants (art. 4 LPP). Elle est possible auprès de la caisse de pension de ton association professionnelle, de l’institution de prévoyance de tes employés ou de la Fondation institution supplétive LPP.
Puis-je rattraper des années 3a manquées ?
Depuis 2025, oui, mais seulement pour les lacunes à partir de l’année 2025 et au maximum dix ans en arrière. Tu dois avoir eu un revenu d’activité lucrative soumis à l’AVS dans l’année de la lacune et dans l’année du rachat, et avoir versé le montant maximal complet dans l’année du rachat (art. 7a OPP 3).
Puis-je retirer mon avoir de caisse de pension pour créer mon entreprise ?
Si tu prends une activité indépendante à titre principal et n’es plus assuré·e obligatoirement, oui (art. 5 LFLP). Pas pour une activité accessoire. Garde à l’esprit que cet argent manquera ensuite à la retraite.
État des informations : voir ci-dessus, valeurs pour 2026. Bases : Loi sur l’AVS (art. 16 LAVS), LPP (art. 4 et 44 LPP), Ordonnance sur les déductions admises fiscalement pour les cotisations versées à des formes reconnues de prévoyance (art. 7 et 7a OPP 3), Loi sur le libre passage (art. 5 LFLP), Loi sur l’assurance-accidents (art. 4 LAA), valeurs de l’OFAS 2025/2026, mémento AVS/AI 2.02. Cet article ne remplace pas un conseil en prévoyance ou fiscal.